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Poko bout

Poko bout

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Il n’y a pas eu de Alaso en avril, notre périodicité évolue, désormais publiée une fois par an pour permettre une extension hors-les-pages comprenant un cycle en études féministes et de genre, inauguré à Port-au-Prince en août dernier. Depuis ce dernier numéro, la situation en Haïti a connu des évolutions, malheureusement pas dans le sens espéré. L’enlisement dans une crise politique, sociale, économique et la prolifération des gangs a accéléré la migration massive d’Haitien-ne.s à l’intérieur du pays pour fuir Port-au-Prince, mais aussi en République dominicaine, et à la faveur d’une nouvelle opération américaine de brain drain aux Etats-Unis.

Des centaines de milliers d’Haïtien-ne.s, pour la plupart des jeunes, s’en vont à la recherche d’opportunités et d’un répit face à l’instabilité. C’est autant de vides laissés dans les familles, les villes, les écoles mais aussi les institutions de l’Etat, entreprises et organismes culturels ou politiques de la société civile haïtienne. Mais ceux qui restent de gré ou de force, laissent aussi des vides, ne bénéficiant plus d’une liberté de circulation, où chaque sortie se fait au risque d’être kidnappé dans la capitale ou nécessite une planification en province due à la rareté du gaz.

Poko bout / Inabouti est le thème choisi pour ce numéro 4, nous faisons écho au sentiment général d’inaboutissement, d’arrêt en plein vol, qui est non seulement ressenti au niveau individuel mais aussi collectif. Inaboutissement parce que, arrété en plein élan, que ce soit l’ambition d’égalité de la nation haïtienne, des mobilisations politiques contre la corruption, les avancées des luttes féministes, d’une année scolaire commencée et qui doit être terminée dans un pays tiers, des vies prises et celles à qui on n’ a pas laissé la chance de commencer.