Tout comme les frontières internationales permettent de séparer les autres de nous, les frontières internes nous séparent des autres : elles se matérialisent dans l’espace public par des barrières installées devant les maisons ou les quartiers afin de les “protéger” ; par des voitures aux vitres teintées, des écoles de première, seconde et huitième zones. A l’instar des frontières internationales, les frontières internes peinent à être dissuasives, pire encore, leur inefficacité est chaque jour un peu plus flagrante dans la rubrique“ insécurité et fait divers”.
Ce second numéro de Alaso, porte sur la non/frontière comme espace de transformation, qui, loin de se situer en périphérie, constitue l’épicentre de la sphère sociale et politique, en organisant le sens des rapports de pouvoir et de domination, en récompensant celles et ceux qui s’assurent du maintien de ces non/frontières, et en punissant pour celles et ceux qui les abolissent/franchissent.
Nous souhaitons offrir dans ces pages quelques pistes de réflexion féministes sur la frontière / non/frontière.
Ce nouveau numéro renouvelle notre engagement féministe auprès du projet idéologique que porte la nation haïtienne : la liberté, la justice et l’égalité.